Méthode FALC : rendre vos visites et vos contenus accessibles à tous

Un panneau trop dense, un cartel rempli de termes techniques, une consigne d’application peu claire… et une partie de vos visiteurs décroche. Pour les personnes avec une déficience intellectuelle, mais aussi pour les enfants, les seniors ou les touristes étrangers, l’accès à l’information n’a rien d’évident.
C’est tout l’enjeu de la méthode FALC, pour « Facile à lire et à comprendre ». On vous explique d’où elle vient, ses grands principes et comment l’appliquer à vos visites, sur place comme dans vos outils numériques.
Qu’est-ce que la méthode FALC ?
Le FALC est un ensemble de règles pour écrire et présenter l’information de façon simple et claire. Ces règles européennes ont été créées en 2009 dans le cadre du projet Pathways, porté par l’association Inclusion Europe. En France, l’Unapei, qui représente les personnes en situation de handicap intellectuel et leurs familles, en est l’un des principaux promoteurs.
Sa particularité : la méthode a été conçue avec les personnes concernées elles-mêmes. Un document n’est vraiment « FALC » que s’il a été relu et testé par au moins une personne en situation de handicap intellectuel. C’est la condition pour utiliser le logo européen « Facile à lire », gratuit mais encadré, qui doit aussi mentionner le nom des relecteurs.
À qui s’adresse le FALC ?
D’abord aux personnes avec une déficience intellectuelle. Mais un texte clair profite à beaucoup plus de monde :
- les personnes autistes, dyslexiques ou sourdes ;
- les personnes âgées dont la lecture devient plus difficile ;
- les touristes étrangers qui maîtrisent mal le français ;
- les enfants qui apprennent à lire ;
- les personnes en situation d’illettrisme.
En clair : rendre un contenu FALC, c’est le rendre plus agréable pour tous vos visiteurs.
Les grands principes pour écrire en FALC
- Des mots simples et courants : on évite le jargon, les sigles et les termes techniques. Si un mot difficile est indispensable, on l’explique.
- Des phrases courtes : une idée par phrase, à la forme active et affirmative.
- Une structure claire : des titres, des paragraphes courts, les informations dans un ordre logique.
- Une mise en page lisible : une police sans empattement assez grande, un bon contraste, du texte aligné à gauche.
- Des images qui aident : des photos concrètes et des pictogrammes connus, comme ceux de la marque Tourisme & Handicap.
- Un test par les personnes concernées : la relecture par des « experts d’usage » valide le document, et leur travail mérite d’être rémunéré.
Comment appliquer le FALC à vos visites ?
Pour un office de tourisme, un musée ou un monument, le FALC peut s’appliquer à toutes les étapes de la visite :
- avant la visite : une page d’informations pratiques claire sur votre site (accès, horaires, tarifs, déroulé de la visite) ;
- à l’accueil : des consignes simples, illustrées par des photos ;
- pendant la visite : des panneaux et cartels courts, avec une version FALC des contenus clés ;
- dans vos outils numériques : parcours sur smartphone, audioguides ou expériences en réalité virtuelle gagnent à proposer des textes et consignes simples, et à compléter l’écrit par l’audio et l’image.
Notre conseil : désignez un référent accessibilité et constituez un petit groupe de travail avec des personnes concernées dès le début du projet. Et pensez à ajouter vos documents FALC à votre registre public d’accessibilité, obligatoire depuis 2017 pour les établissements recevant du public.
Pour aller plus loin
Le FALC n’est qu’une brique de l’accessibilité. Pour découvrir comment le numérique peut rendre le voyage et la visite plus accessibles aux personnes en situation de handicap, lisez notre article Tourisme et handicap : les nouvelles frontières de l’accessibilité.
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